Fauteuil Éléphant de Bernard Rancillac — L’unique meuble d’un maître de la Figuration narrative
Ce fauteuil Éléphant de Bernard Rancillac est une pièce absolument singulière dans l’histoire du design français. Réalisé en 1972 en fibre de verre et fer forgé, cet exemplaire numéroté 00/100 est le seul de la série à avoir été produit dans une teinte bleu Klein — ce bleu profond et vibrant rendu célèbre par Yves Klein, autre figure majeure de l’art français d’après-guerre. Le fauteuil Éléphant n’est pas un simple siège : c’est une sculpture habitable, née de l’imagination d’un peintre qui n’a conçu qu’un seul meuble dans toute sa carrière.
Bernard Rancillac (1931–2021), cofondateur du mouvement de la Figuration narrative aux côtés de Télémaque, Monory et Erró, est avant tout reconnu pour ses toiles engagées, ses séries sur le jazz et ses portraits politiques à la palette acide et saturée. En 1966, il conçoit le fauteuil Éléphant — sa seule incursion dans le monde du mobilier. Cette pièce unique dans son œuvre traduit la même liberté formelle et la même audace que ses tableaux : des courbes organiques, une présence sculpturale imposante et un refus total du fonctionnalisme conventionnel.
Caractéristiques techniques du fauteuil Éléphant Rancillac
Le fauteuil Éléphant de Rancillac se déploie dans des proportions généreuses : 110 cm de haut, 114 cm de large et 150 cm de profondeur, pour un poids de 70 kg. La coque en fibre de verre — matériau de prédilection des designers des années 1960-1970 pour sa plasticité et sa légèreté structurelle — repose sur une armature en fer forgé qui assure la stabilité de l’ensemble. La forme évoque la silhouette d’un éléphant stylisé, entre siège enveloppant et sculpture zoomorphe, dans la tradition des assises organiques de l’époque.
L’édition est strictement limitée à 100 exemplaires, et cet exemplaire porte le numéro 00/100 — traditionnellement réservé à l’artiste ou à l’épreuve de référence. Sa finition en bleu Klein le distingue de tous les autres exemplaires de la série, faisant de ce fauteuil Éléphant Rancillac une pièce véritablement unique.
Bernard Rancillac et la Figuration narrative
Né à Paris en 1931, Bernard Rancillac s’est formé à l’Atelier Met de Penninghen avant de devenir l’un des acteurs majeurs de la scène artistique française des années 1960. En 1964, il participe à l’exposition fondatrice « Mythologies quotidiennes » au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, qui marque la naissance officielle de la Figuration narrative — mouvement résolument engagé qui puise dans l’imagerie populaire, les médias et l’actualité politique pour construire un langage pictural nouveau.
Exposé au MoMA de New York, au Centre Pompidou et au MAC VAL, Rancillac a laissé une œuvre considérable. Le fauteuil Éléphant reste cependant sa création la plus surprenante et la plus rare : un objet à la frontière de l’art et du design, qui incarne parfaitement l’esprit d’une époque où artistes et designers partageaient les mêmes ambitions de libération des formes.
État de conservation
Ce fauteuil Éléphant de Bernard Rancillac est en bon état général. La coque en fibre de verre conserve sa teinte bleu Klein caractéristique et l’armature en fer forgé est solide et stable. Des traces d’usage normales, conformes à l’âge de la pièce (plus de 50 ans), témoignent de son authenticité.
Il est extrêmement rare de pouvoir proposer un fauteuil Éléphant de Bernard Rancillac — et plus rare encore dans cette configuration. Numéroté 00/100 et unique exemplaire en bleu Klein, cette pièce se situe à un carrefour fascinant : celui de l’art contemporain français (Rancillac est exposé à Pompidou, au MoMA, au MAC VAL) et du design de collection. C’est le seul meuble jamais créé par l’un des fondateurs de la Figuration narrative, ce qui lui confère un statut à part dans l’histoire du mobilier d’artiste.
Pour les collectionneurs, l’intérêt est double : c’est à la fois une œuvre d’art signée d’un artiste coté (ses peintures atteignent régulièrement les six chiffres en salle de ventes) et un objet fonctionnel d’une présence sculpturale saisissante. Le bleu Klein ajoute une couche de lecture supplémentaire — un hommage implicite à Yves Klein, contemporain de Rancillac dans l’effervescence artistique parisienne des années 1960.
— L’équipe The Auctionlab











