L’affiche Pierre Le-Tan du Salon du Dessin 1997
En avril 1997, le Salon du Dessin investit pour sa sixième édition les salons de l’Hôtel George V, avenue George V, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Vingt-deux marchands, dont neuf venus de l’étranger, y présentent des œuvres sur papier de la Renaissance au milieu du XXe siècle. Pour annoncer l’événement, les organisateurs font appel à celui qui est devenu leur illustrateur attitré : Pierre Le-Tan signe ici l’une des seize affiches qu’il réalisera pour le salon, exercice devenu au fil des ans un rendez-vous graphique attendu des collectionneurs.
Cette affiche Pierre Le-Tan met en scène un accrochage imaginaire : sur un fond terre de Sienne finement quadrillé, des cadres dorés enserrent médaillons et portraits dessinés, tandis qu’un personnage en veste rayée transporte un carton à dessin vert moucheté hors du champ. Le cartouche central, surmonté d’un nœud de ruban, porte le titre de l’événement en capitales romaines. La composition raconte en une image ce qu’est un salon de dessin : des feuilles qui changent de mains.
Un artiste au cœur du marché du dessin
Pierre Le-Tan (1950-2019), fils du peintre vietnamien Lê Phổ, est repéré par The New Yorker dès l’âge de dix-sept ans. Sa première couverture pour le magazine paraît le 14 février 1970, alors qu’il n’a que dix-neuf ans, et dix-huit autres suivront jusqu’en 1987. Illustrateur pour Vogue et Harper’s Bazaar, auteur d’une dizaine d’ouvrages, collaborateur régulier du prix Nobel de littérature Patrick Modiano, il travaille également pour Hermès, Gucci, Lanvin et les Galeries Lafayette.
Ce qui donne à une affiche Pierre Le-Tan liée au Salon du Dessin une résonance particulière tient à sa double casquette : Le-Tan était lui-même un collectionneur passionné de dessins anciens. Il dépensait volontiers sa rémunération d’affichiste, et parfois davantage, dans une feuille achetée dès l’ouverture du salon, feuille qu’il lui arrivait ensuite d’intégrer à l’illustration de l’année suivante. La dispersion de sa collection personnelle lors d’une vente événement à Paris en 2021, quelque quatre cents lots, a confirmé son statut de référence en matière de goût.
Caractéristiques techniques
Impression en couleurs sur papier, au format portrait 60 × 40 cm (23.6 × 15.7 in). L’image est signée « Le-Tan » dans la planche, en bas à droite du visuel, sous la mention des dates de l’événement. Le pied de l’affiche reprend les informations pratiques d’origine, adresse, horaires, nocturne du jeudi 24 avril, numéro de renseignements, ainsi que la mention de l’Imprimerie Jacques London à Paris. La palette associe le fond terre de Sienne au quadrillage caractéristique de l’artiste, aux ors des encadrements et au vert amande du carton à dessin.
État de conservation de l’affiche Pierre Le-Tan
L’exemplaire présenté est en excellent état vintage. Les couleurs d’origine ont conservé leur intensité, sans jaunissement notable du papier ni décoloration des aplats. Les marges sont complètes et l’image ne présente ni pliure marquée ni manque. Une légère trace d’accrochage subsiste en marge supérieure, discrète et sans incidence sur le visuel, cohérente avec une affiche conservée depuis près de trente ans.
Aucune restauration ni doublage n’a été pratiqué : l’affiche Pierre Le-Tan se présente dans son état d’origine, non entoilée, prête à recevoir un encadrement sous passe-partout et verre anti-UV.
Intérêt pour les collectionneurs
Les affiches signées Le-Tan constituent aujourd’hui une porte d’entrée accessible dans l’œuvre d’un artiste dont les dessins originaux atteignent des niveaux nettement supérieurs en ventes spécialisées. Une affiche Pierre Le-Tan de la période Hôtel George V, antérieure au transfert du salon au Palais Brongniart, se rencontre moins souvent que les millésimes des années 2000. Le sujet, un accrochage de dessins encadrés, en fait par ailleurs une pièce naturellement à sa place dans un cabinet d’amateur, une bibliothèque ou un couloir de galerie.
Nous aimons cette affiche pour une raison simple : elle est faite par un collectionneur, pour des collectionneurs. Le-Tan connaissait le Salon du Dessin de l’intérieur, il y achetait, et cela se voit dans le sujet qu’il a choisi, une feuille que l’on emporte sous le bras. Les millésimes George V restent les plus difficiles à trouver, et celui-ci a traversé le temps avec ses couleurs intactes. À ce niveau de prix, c’est l’une des façons les plus élégantes d’accrocher un Le-Tan chez soi.
L’équipe The Auctionlab


















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